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L’objectif d'un clubmaker est de réaliser, pour un golfeur donné, un ensemble de clubs adapté à sa morphologie, à son swing, à sa capacité athlétique, à ses objectifs, où tous les compartiments du jeu seront efficacement couverts, avec les meilleures sensations, comme avec le plus d’efficacité et de facilité possibles.
A cette fin, l’analyse de la morphologie est, bien entendu, un point de passage obligé, une condition certes nécessaires, mais qui est loin d’être suffisante.
Le fil directeur repose sur les sensations et l’analyse statistique.
Les sensations, car, sans bonnes sensations il n’y a jamais durablement de bon jeu, alors qu’avec de bonnes sensations, la répétition du même geste devient de plus en plus naturelle.
L’analyse statistique, car tout le golf est basé sur les lois de probabilités et les statistiques.
Comme nous avons déjà eu l’occasion de le dire, ce qui compte, dès que l’on parvient à un certain niveau, beaucoup plus que les bons coups, c’est la diminution des mauvais coups, ou, en d’autre termes, la réduction de l’écart probable, celui que l’on aura cinquante chances sur cent de ne pas dépasser, par rapport au point médian que l’on atteint avec un club donné. Si l’on parvient à réduire cet écart, avec chaque club, du putter au driver, le score s’améliorera mécaniquement.
De là découle toute la méthode. Tout d’abord, on déterminera, à partir d’un protocole d’analyse rigoureux, et pour chaque type de club, celui qui donnera les meilleurs résultats en terme de sensations, de trajectoires et de régularité. Ce club sera alors la référence (tête, shaft, grip, longueur, lie, loft, poids, moment d’inertie) autour de laquelle les autres seront harmonisés. Des clubs harmonisés…
Cette deuxième phase, celle de l’harmonisation, est déterminante, comme nous l’avons vu dans l'article « Des clubs sur mesure pourquoi ? ».
En effet, la spécificité du jeu de golf est qu’il est le seul sport de balle à être joué avec plus d’un instrument, et c’est ce qui en fait, en grande partie, la difficulté, tant dans l’apprentissage que dans la pratique. Prenons par exemple une série standard : chaque fer exigera une posture différente à l’adresse, et donc un plan de swing différent, chaque fer aura un moment d’inertie différent, ce qui signifie qu’il ne « tirera » pas sur les poignets de la même façon et accélèrera également de façon différente au moment du désarmement, et, trop souvent, chaque shaft réagira également de façon différente.
Dans ces conditions, il y aura une difficulté évidente à surmonter par le golfeur chaque fois qu’il passera d’un club à l’autre, mais, et c’est encore plus lourd de conséquences, il est une autre difficulté, qui est que le cerveau du golfeur ne parviendra pas à graver la posture et le swing qui conviennent … puisque, précisément, il en faudra qu’ils soient différents pour chaque club.
Tout découle de ces prémices, et de cette ligne directrice. Et c’est en agissant de façon méthodique sur les, environ, quarante variables qui interfèrent entre la morphologie, le swing et les composants que l’on devra parvenir au résultat visé. Ceci nécessite une connaissance approfondie, tant théorique que pratique des différents réglages possibles, et de leurs incidences sur la distance, la précision, la régularité, les trajectoires et les sensations.
Mais revenons sur quelques éléments clés du sur mesure professionnel ...
POUR LES FERS
1/ le réglage en moment d’inertie constant conduira à une traction constante de chaque club sur les poignets pendant le downswing et une même interaction au moment du désarmement. Ce réglage devra être réalisé au demi pourcent près, club par club, essentiellement par le réglage du poids de la tête et du shaft.
2/ le réglage en TLT (True Length Technology) agissant sur la longueur et le loft de chaque fer permettra une posture constante à l’adresse et, ce qui est beaucoup plus important encore, un plan de swing constant, avec, bien sûr, des lies ajusté au plus juste et de façon dynamique.
3/ l’harmonisation des fréquences qui consiste à analyser les fréquences de chaque shaft d’une série, puis à les classer de façon croissante en fonction des fers à monter après avoir, le cas échéant, éliminé ceux qui présenteraient des écarts trop importants. Ce réglage contribuera à donner des réactions des shafts plus homogènes, comme le seront les sensations.
4/ si le golfeur le souhaite, la recherche du positionnement du shaft en oscillation linéaire pourra être réalisée. Certains y sont sensibles, mais le sujet reste débattu quant à son efficacité réelle.
POUR LE DRIVER
On s’attachera à déterminer, tout d’abord, la longueur du club, le shaft, le poids, ainsi que l’équilibre permettant la plus grande régularité (frappe centrée, direction et angle d’envol homogène) et la meilleure vitesse à l’impact. Puis on recherchera la tête permettant le meilleur angle d’envol tant horizontal que vertical, compatible avec l’angle d’attaque du golfeur, et procurant le minimum de spin, (ce dernier point passant toutefois beaucoup plus par les caractéristiques propres du swing du golfeur). Après bientôt cinq années d’expérience, et plus de 500 drivers réalisés, il arrive toujours d’être stupéfaits par l’amélioration des résultats engendrés par la variation, non seulement d’un loft, mais aussi d’un moment d’inertie, d’un loft, ou de la longueur d’un shaft.
L’angle qui porte le plus loin n’est pas toujours celui qu’on croit… (canon Grosse Bertha)
POUR LES BOIS ET HYBRIDES
Il s’agira, avant tout, de constituer le deuxième bois, c'est-à-dire celui qui permettra, entoute sécurité, d’atteindre la meilleure distance depuis le fairway (rarement un bois 3…). Puis, les autres bois seront échelonnés, par rapport au premier, en fonction de la vitesse de swing du golfeur et, bien entendu, réglés au même moment d’inertie. En ce qui concerne les hybrides, qui ne sont pas toujours la solution miracle que l’on croit, tant s’en faut, ils pourront, en fonction du swing et de l’aptitude du golfeur, être réglés comme des fers, ou comme des bois, ou entre les deux. Le but de ces clubs intermédiaires sera de faire la jonction avec le plus long fer avec lequel le golfeur reste en sécurité. (L’abaissement régulier des lofts par certaines marques conduit souvent à s’arrêter au fer 6, voir en dessous).
POUR LES WEDGES
On cherchera tout d’abord une continuité, en loft, avec le fer le plus court de la série, ce qui n’est que très rarement le cas dans le standard, et on les règlera toujours en harmonie, avec cependant des moments d’inertie et des longueurs pouvant varier en fonction du jeu du golfeur. Les caractéristiques des têtes, essentiellement leurs dessin, rebond et largeur de la semelle, seront examinées à la lumière des terrains pratiqués par le golfeur, de la nature des sables des bunkers où il joue, et de son aptitude golfique. Les faces et shafts conduisant à l’optimisation du taux de spin seront par ailleurs souvent privilégiées.
POUR LE PUTTER
Comme on l’a vu récemment avec Jim Furyk et son putter acheté 30 € directement dans un magasin, s’il est bien un club dans lequel la technologie joue un rôle mineur, c’est celui là. Ce qui va compter avant tout, c’est la bonne adaptation à la morphologie, longueur et lie permettant que les yeux soient légèrement sous la balle, le putter étant posé à plat, l’aspect visuel, qui, comme le contact avec la balle, devra plaire et aider à un alignement régulier, et un grip avec lequel on se sentira bien et qui permet la meilleure connexion possible des mains.
Le loft, en fonction de l’angle d’attaque du golfeur et la position du shaft à l’impact est, quant à lui, déterminant dans l’obtention d’un bon roulement qui va déterminer la précision en distance et prise de pentes adéquates.
Enfin, le bon équilibrage, en fonction du swing du golfeur, sera essentiel pour le maintien d’un rythme régulier au putting, condition sine qua non de son efficacité. Tous ces réglages ne peuvent être effectués qu’avec l’utilisation d’appareils de haute précision, tels que le Sam Putt Lab, qui permettent de juger des réglages à effectuer et des progrès statistiques qu’ils permettent réellement.
L'ENSEMBLE DU SAC
Le réglage et l’harmonisation de chaque club sont, nous l’avons vu, indispensables, mais la bonne composition du sac l’est tout autant. Le lecteur l’aura vu se dessiner tout au long de notre article, et des réponses précises devront être apportées aux questions suivantes :
1/ quel bois de départ, car ça ne sera pas toujours un driver ?
2/ quel bois de fairway le plus long ? Quel loft ?
3/ quel fer le plus long, au loft le plus bas ?
4/ quels clubs enter le fer le plus long et le bois de fairway le plus long ? (bois ? hybrides ?)
5/ quel échelonnement des lofts ?
6/ combien de clubs ? Pour bon nombre de golfeurs, en effet, soit que leur régularité soit insuffisante, soit que leur swing soit lent, 14 clubs peuvent être non seulement inutiles, mais même gênants.
Et, pour les perfectionnistes, il faudra également s’interroger sur les clubs à mettre dans son sac en fonction, du parcours, de son dessin, de la nature de ses fairways, de ses bunkers, de ses greens, de la saison, voire de l’altitude. Mais ceci est une autre histoire.
A suivre ...
André Thaon d’Arnoldi www.golfnswing.com
Club maker, club fitter, certifié Malby
Membre de l’AGCP
(Association of Clubmakers Professionals- USA)
Certifié Wishon Golf M.O.I
Certifié True Length Technology
Certifié Optimal Flight
Sam Putt Lab Instructor
Miura Golf Club marker
Olivier Gauci
Enseignant professionnel de golf diplomé d’Etat
membre de la PGA France