Relâchement de la tête de club dans la zone d’impact

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Relâchement de la tête de club dans la zone d’impact

Approximation et anecdote

Le relâchement de la tête de club dans la zone d’impact est une notion de plus en plus mise en avant lors de l’enseignement du golf. Cela me semble être une notion relativement vague. En effet, quand on demande à un golfeur d’expliquer ce que cela veut dire … on obtient des réponses bien différentes.

Ça me rappelle l’histoire d’un professeur de golf qui demande à son élève débutant de relâcher la tête de club à l’impact. Le débutant réalise un swing en laissant s’envoler le club de ses mains à l’impact. Conséquence directe, le driving range est ensuite fermé pendant 3 minutes car le joueur débutant doit aller récupérer son club au milieu du practice!

Définition technique

Les instructeurs utilisent des termes un peu plus spécifiques pour décrire ce même geste. Ils demandent à leurs élèves alors de faire une pronation de l’avant-bras droit ou bien encore de rouler la main droite sur la main gauche (pour un droitier). C’est un conseil qui semble être particulièrement préconisé aux élèves lorsqu’ils n’arrivent pas à jouer en draw. C’est aussi un remède lorsque les golfeurs fléchissent les bras après l’impact (souvent décrit comme aile de poulet).

Parfois, on entend aussi parler d’un effet de brossage au moment de l’impact. Il permet d’illustrer le lift donné à la balle qui va engendrer la trajectoire en draw (trajectoire de droite à gauche) désirée par grand nombre de golfeurs. C’est en effet une trajectoire qui permet de gagner en puissance. C’est très similaire à l’idée qui dit qu’il faut que la pointe du club dépasse le talon du club à l’impact.

Les conséquences du relâchement de la tête de club

relachement tete de clubConséquences sur la position du manche

Il est important de savoir qu’à l’impact le manche du club doit être incliné vers la cible. D’une part, c’est comme cela que les clubs sont fabriqués et d’autre part, c’est parce que la balle repose au sol et qu’on veut frapper la balle avant le sol.

Lorsque le manche est incliné vers l’arrière, ceci fait que la circonférence du swing devient trop grande trop vite et que par conséquent le club vient frapper le sol avant la balle. Quand ceci se produit, les golfeurs ont tendance à fléchir les bras (« aile de poulet ») pour tenter de réduire la circonférence de leur swing. Lorsqu’ils ne fléchissent pas les bras assez vite c’est une « gratte » et lorsqu’ils les fléchissent trop vite c’est une « top ». Dans tous les cas, le golf devient très aléatoire.

Règle à connaître:

Plus on roule la main droite sur la main gauche, plus le manche sera incliné vers l’arrière à l’impact.

La question:

La grande majorité des joueurs amateurs ne se retrouvent pas à l’impact avec leur manche incliné vers l’avant. Pourquoi essayer de faire un geste qui va empirer cela?

« Il est important de savoir qu’à l’impact le manche du club doit être incliné vers la cible »

Ceci est le point le plus important à connaître et justifie à lui tout seul le fait ne jamais essayer de rouler la main droite sur la main gauche car avec le manche en arrière et un contact de balle aléatoire le jeu restera toujours une loterie.

Conséquences sur le chemin de club

Le golf se joue sur un plan incliné, imaginez le toit d’une maison lorsque vous regardez un golfeur de profil. Lorsque la tête de club se retrouve en dessous de ce toit très proche du moment d’impact, cela crée généralement une approche intérieure/extérieure et vice versa. Rouler la main droite sur la main gauche emmène la tête de club vers l’extérieur, au-dessus du toit, tel que le chemin à l’impact sera extérieur/intérieur.

Règle à connaître:

Le plus on roule la main droite sur la main gauche, le plus la tête de club se décalera vers l’extérieur.

La question:

Grand nombre de golfeurs lutent avec un chemin extérieur/intérieur et un slice dont ils veulent se débarrasser. Pourquoi travailler un geste qui va rendre votre chemin encore plus extérieur/intérieur pour y remédier ?

Conséquences sur l’orientation de la face de club ?

On sait que l’orientation de la face de club à l’impact est ce qui influe le plus sur la direction initiale de la balle. Si la face de club est orientée à droite de la cible, la balle part à droite et si elle est orientée à gauche de la cible, la balle part à gauche. Lorsqu’on relâche la tête de club dans la zone d’impact ceci a pour effet de progressivement orienter la tête de club vers la gauche de la cible. Si on pense spécifiquement à un coup en draw, c’est une balle qui part à droite de la cible pour ensuite tourner vers la gauche lors de son vol afin de finir sur la cible. Ceci requiert une face de club ouverte à la cible lors de l’impact. Relâcher la tête de club et faire en sorte qu’une balle décolle vers la droite de la cible ne sont donc pas des choses compatibles.
Règle à connaître :
Le plus on roule la main droite sur la main gauche, le plus la face de club sera orientée vers la gauche de la cible.
La question :
Sachant qu’un golfeur veut apprendre à jouer un coup en draw avec une balle qui commence a droite de la cible,pourquoi faire quelque chose qui retourne la face de club vers la gauche à l’impact ?

Conséquences sur la trajectoire de balle ?

On a donc vu que le plus on roule la main droite sur la main gauche pendant la zone d’impact, le plus cela crée un chemin extérieur/intérieur avec une face de club de plus en plus orientée vers la gauche de la cible. Ce sont les conditions d’impact qui produisent notamment un slice ou un pull mais en aucun cas ne produisent un draw.
Règle à connaître: Le plus la main droite roule sur la main gauche le moins la trajectoire de balle sera en draw.

Conséquences sur la hauteur de balle ?

Le plus la main droite roule sur la main gauche, le plus l’angle d’attaque devient descendant. Lorsque l’on combine ceci avec le fait que ce geste de relâchement ferme progressivement de plus en plus la face de club, ceci explique pourquoi tellement de joueurs ont des difficultés à envoyer leurs longs clubs hauts. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles on voit aujourd’hui de moins en moins de fers longs dans les sacs de joueurs et qu’ils sont remplacés par des hybrides qui permettent d’envoyer la balle plus haute.
Règle à connaître:
Le plus on roule la main droite sur la main gauche, le plus la trajectoire de balle sera basse.

Effet de brossage

L’impact entre la tête de club et la balle dure environ 0.0004 secondes. Les vibrations de l’impact sont ressenties par vos mains lorsque la balle est déjà partie. Sur un drive le cerveau enregistre la frappe lorsque la balle a déjà voyagé pour presque un mètre et lorsque le cerveau peut envoyer un message aux mains, la balle aura déjà fait 15 mètres. Il n’y a rien que le golfeur puisse faire lorsque la balle est sur la face de club pour influencer sa trajectoire. Ce n’est pas un soi-disant effet de brossage qui donne la trajectoire à la balle. Ce travail est fait par la direction du chemin de swing à l’impact par rapport à l’orientation de la face de club.

 » Il n’y a rien que le golfeur puisse faire lorsque la balle est sur la face de club pour influencer sa trajectoire. »

Pourquoi on voit parfois la face de club se fermer très vite après l’impact?

Nous venons de voir précédemment qu’une fois que la tête de club frappe la balle, on ne peut plus rien faire pour modifier sa trajectoire. C’est une évidence car la balle est déjà partie. Par contre ce qui se passe avec le corps et le club après la frappe est très indicatif de ce qui c’est produit précédemment. On a tendance à voir une face de club qui se ferme très rapidement après l’impact lorsque le contact se fait près du talon, lorsque la trajectoire des mains est vers l’extérieur, lorsqu’il y a une extension importante du corps sans rotation correspondante. On a tendance à voir une face de club qui ne se ferme pas post impact lorsque la balle est frappée vers la pointe, lorsque la trajectoire des mains est vers l’intérieur, lorsque les bras fléchissent ou bien encore lorsque le golfeur fait une rotation sans faire une extension correspondante.

Conclusion

Nous avons donc vu les conséquences créées par le fait de relâcher la tête de club, c’est à dire de rouler la main droite sur la main gauche, en faisant une pronation de l’avant bras droit lors de la zone d’impact. Ce geste ne permet pas aux golfeurs débutants en progression de franchir le premier obstacle qu’ils rencontrent dans leur apprentissage: le bon contact de balle. Par ailleurs, cela crée un chemin de club extérieur/intérieur qui n’est pas compatible avec une trajectoire en draw et qui contribue aux difficultés pour envoyer les clubs longs en l’air. Il n’est donc pas étonnant qu’on obtienne des générations de golfeurs qui ont tous des difficultés avec le slice. Il faut savoir qu’il y a un geste de supination de l’avant-bras droit lors du backswing et un geste de pronation lors de la descente, mais ce geste doit rester minimal par rapport à ce qu’imaginent de nombreux golfeurs.

Si vous êtes quelqu’un qui fait des balles hautes en draw tout en étant aligné vers la cible et qui pense faire ceci grâce à un relâchement de la tête de club dans la zone d’impact, en réalité vous faites ce relâchement beaucoup moins que vos camarades de jeu que vous voyez jouer en slice.

« Jouez bien. Jouez mieux. »

Philippe Bonfanti

Philippe Bonfanti est le professionnel du "Isle of Purbeck Golf Club" en Grande-Bretagne. Il a pris ce poste en 2009 à 25 ans après avoir obtenu le "Foundation Diploma" de la PGA Britannique.

Après une licence obtenue a l'Université de Manchester, Philippe a décidé de se dédier à l'enseignement du golf en se focalisant sur l'amélioration du jeu mais également sur le plaisir de jouer. Dans sa recherche des techniques d'apprentissage du golf, il a continué son éducation golfique en travaillant avec plusieurs des meilleurs instructeurs mondiaux tels que Mike Bennett et Andy Plummer, Fred Tuxen, Paul Hurrion et Lynn Blake.

Philippe est profondément convaincu que bien que nous soyons tous différents, la physique et la géométrie du swing s'appliquent a tous. Ainsi, les enseignants doivent avoir une approche systématique afin de permettre aux golfeurs des progrès rapides.

Par son parcours multi-culturel et ayant vécu dans quatre pays, Philippe parle couramment français, anglais et italien.

"Philippe est profondément convaincu que bien que nous soyons tous différents, la physique et la géométrie du swing s'appliquent a tous."

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By |2017-05-01T20:40:46+00:0001/09/16|Conseils Swing de golf, Conseils techniques|

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