Le golf français n’a jamais compté autant de licenciés. Pourtant, les exploitants de parcours abordent l’automne 2026 avec des indicateurs moins réjouissants. Selon le dernier baromètre du Groupement des entrepreneurs de golf français (GEGF), publié le 14 septembre, le chiffre d’affaires moyen des activités golf a reculé de 2 % au premier semestre. Comment expliquer ce contraste ?

446 547 licenciés, un sommet historique

La Fédération française de golf a terminé 2025 avec 446 547 licenciés, dépassant son précédent record de 2023. Parmi eux, 38 588 ont pris leur première licence dans l’année, un chiffre en hausse de 3,65 % par rapport à 2024.

La progression s’inscrit dans une tendance européenne : d’après le rapport 2026 de l’Association européenne de golf et du R&A, le continent comptait plus de 4,9 millions de golfeurs enregistrés en 2025, soit une hausse supérieure à 3 % sur un an.

Mais une licence ne dit pas combien de parcours ont été joués, ni combien les clubs ont encaissé. C’est précisément ce que révèle l’autre photographie du secteur.

Green fees et proshops à la peine

Le GEGF s’appuie sur les déclarations mensuelles de plus de 150 golfs participant régulièrement à son observatoire. Sur les six premiers mois de 2026, le chiffre d’affaires moyen lié aux activités golf baisse de 2 % par rapport à la même période de 2025.

Les recettes des green fees reculent de 2,8 %. Le practice perd 2,7 %, tandis que l’enseignement accuse une baisse plus marquée de 7,5 %. Les ventes en proshop chutent de 7,2 %.

Les abonnements résistent mieux, à -0,4 %. La restauration et les bars reculent de 1,2 %. En réunissant golf et restauration, le chiffre d’affaires moyen par établissement diminue de 1,9 %.

Ces pourcentages concernent les recettes, pas directement le nombre de parties jouées. Ils ne permettent pas non plus d’affirmer que tous les golfs français ont connu la même évolution.

Après 2025, le retournement

La comparaison avec l’année précédente est frappante. Au premier semestre 2025, le même observatoire faisait état d’une progression de 3,1 % des activités golf, avec des green fees en hausse de 2,9 % et des abonnements en progression de 6,5 %.

Le GEGF évoque, pour expliquer les difficultés de 2026, un environnement économique perturbé et des conditions météorologiques défavorables en début d’année. Il ne chiffre toutefois pas la part respective de ces facteurs. Les données disponibles ne permettent donc pas d’attribuer le recul à une cause unique.

Un enjeu pour les clubs et les joueurs

Pour les exploitants, ce décalage rappelle qu’attirer de nouveaux licenciés ne garantit pas automatiquement davantage de recettes. Entre abonnement annuel, green fee occasionnel, cours et achats au proshop, les habitudes de consommation ne se confondent pas.

Pour les joueurs, les conséquences restent à observer. Rien dans ce bilan ne permet de prédire une hausse généralisée des tarifs ou une vague de fermetures.

Le véritable test sera celui du second semestre : les recettes d’été et d’automne permettront de savoir si le début 2026 n’était qu’un passage difficile ou le signe d’un ralentissement plus durable.