Longtemps cantonnée aux débats sur l’arrosage ou l’usage des produits phytosanitaires, la question environnementale prend désormais une place beaucoup plus large dans l’avenir du golf européen. Réunis cette semaine aux Pays-Bas, plus de 80 représentants issus de plus de 30 pays ont travaillé sur des solutions concrètes pour rendre les parcours plus résilients face aux contraintes climatiques.
Un forum européen en pleine Solheim Cup
Le choix du lieu n’était pas anodin. L’European Sustainable Golf Forum s’est tenu à Bernardus Golf, pendant la semaine de la Solheim Cup 2026.
Organisé par l’European Golf Association, le rendez-vous a réuni des acteurs du golf, du sport, de l’environnement mais également des représentants des institutions européennes.
L’objectif dépasse désormais la simple amélioration de l’image environnementale du golf. Il s’agit de partager des méthodes applicables aux parcours : gestion de l’eau, adaptation au changement climatique, biodiversité ou encore évolution de l’entretien.
L’eau devient un enjeu central
En France, le sujet est particulièrement concret.
Les épisodes de sécheresse obligent les golfs à revoir progressivement leurs méthodes d’entretien. En situation de crise, les restrictions peuvent notamment limiter fortement l’arrosage des parcours et concentrer l’utilisation de l’eau sur les surfaces de jeu les plus sensibles.
Cette contrainte commence à modifier la conception même des golfs : choix de graminées plus résistantes, systèmes d’irrigation plus précis et diminution des surfaces nécessitant un entretien intensif.
Le meilleur exemple français se trouve actuellement au Golf National.
Après presque deux années de fermeture, l’Albatros a rouvert le 1er septembre 2026 profondément transformé. Si le passage de la future ligne 18 du Grand Paris Express a imposé la reconstruction d’une partie du parcours, les travaux ont également permis de moderniser son irrigation et d’introduire des graminées plus résistantes.
Des parcours différents plutôt que moins beaux
C’est probablement là que se trouve le changement le plus visible pour les golfeurs.
Pendant des décennies, l’image du parcours parfait a souvent été associée à des fairways uniformément verts. Les contraintes environnementales pourraient progressivement modifier cette perception.
Des zones naturelles plus importantes, des roughs moins entretenus ou des fairways pouvant jaunir pendant les périodes sèches ne signifient pas nécessairement une baisse de qualité. Au contraire, ces choix peuvent renforcer l’identité visuelle d’un parcours tout en concentrant les moyens sur les zones réellement utilisées par les joueurs.
Le Golf des Arcs explique par exemple mettre en œuvre depuis plus de vingt ans différentes mesures destinées à préserver son environnement alpin, en intégrant autant que possible le parcours au paysage naturel.
Le défi des prochaines années sera donc double : réduire l’impact environnemental des golfs tout en conservant des parcours agréables et intéressants à jouer.
Et sur ce point, le golf européen semble désormais être passé des intentions aux travaux pratiques.