Le match-play change complètement la manière d’aborder un parcours. Ici, peu importe de jouer 72 ou 82 : chaque trou constitue un match dans le match. Un triple bogey ne coûte qu’un trou et un birdie n’en rapporte qu’un. La stratégie consiste donc moins à protéger sa carte qu’à prendre les bonnes décisions en fonction de la situation… et de son adversaire.

Oubliez votre score total

En stroke-play, une grosse erreur peut ruiner une carte. En match-play, elle est beaucoup moins grave : une fois le trou perdu, on repart à zéro au suivant.

Cette particularité doit influencer votre stratégie.

Si votre adversaire envoie sa balle dans les arbres dès le départ, inutile de prendre tous les risques pour chercher 20 mètres supplémentaires. Mettre sa balle en jeu peut suffire à prendre immédiatement l’avantage.

À l’inverse, s’il place son approche à deux mètres du drapeau, il faudra parfois accepter de devenir plus agressif.

Le bon choix dépend donc constamment de l’état du trou et du match.

En avance, laissez l’adversaire prendre les risques

Lorsque vous menez, évitez de donner gratuitement des trous.

Un départ au bois ou à l’hybride peut devenir plus intéressant qu’un driver si celui-ci fait entrer un obstacle en jeu. De la même manière, viser le centre du green sera souvent préférable à l’attaque d’un drapeau dangereux.

Votre adversaire est derrière : c’est à lui de provoquer quelque chose.

Lorsque vous êtes mené et que les trous commencent à manquer, la logique s’inverse. Un Par 5 accessible, un Par 4 court ou un drapeau attaquable deviennent autant d’occasions de reprendre un trou.

L’objectif n’est toutefois pas d’attaquer systématiquement, mais de choisir les bons moments.

Les coups rendus changent la stratégie

Dans un match avec handicap, identifiez avant le départ les trous sur lesquels les coups sont rendus.

Si vous bénéficiez d’un coup sur un Par 4, un bogey brut peut par exemple devenir un par net. Il n’est alors pas forcément nécessaire de prendre un risque important pour chercher le green ou le drapeau.

À l’inverse, lorsque votre adversaire reçoit un coup, vous savez que le par pourrait ne pas suffire.

Cette lecture de la carte avant le départ évite de découvrir la situation au milieu du trou.

La concession, particularité du match-play

Le match-play permet également de concéder le coup suivant, un trou ou même le match. Une concession est définitive : elle ne peut pas être refusée ni retirée.

Pas besoin donc de faire terminer à votre adversaire un putt de dix centimètres.

En revanche, inutile de transformer cette particularité en guerre psychologique permanente. Faire jouer systématiquement tous les petits putts risque surtout de détériorer l’ambiance du match.

Le meilleur entraînement : jouer des matchs

Pour préparer une compétition en match-play, le practice ne suffit pas.

Jouez neuf trous contre un partenaire en comptant uniquement les trous gagnés, perdus ou partagés. Vous apprendrez rapidement à modifier une décision en fonction du coup adverse.

Travaillez également les putts courts sous pression : cinq balles autour du trou, et la série ne compte que si les cinq rentrent.

Mais la règle mentale la plus importante reste la plus simple : le trou précédent n’existe plus.

Vous venez de faire un triple bogey ? Vous n’êtes qu’un trou de moins.

Vous venez de rentrer un birdie de huit mètres ? Vous n’êtes qu’un trou de plus.

Au départ suivant, tout recommence.